Six mois déjà…

Six mois déjà que tu me fais rire aux larmes, pleurer, sourire, t’aimer, gémir, te haïr, rêver, te désirer…

Six mois que tu penses à moi à chaque seconde du jour et ne sais douloureusement que faire de nous …

Six mois que tu m’adules la veille et me fuis le lendemain…

Six mois que tu vois en moi la plus merveilleuse et me traites comme la plus maudite de tous les damnés…

Six mois que tu souffres de ne savoir m’aimer, que tu me demandes pardon, que je te rouvre mes bras… Et que tu me jettes à nouveau au premier obstacle sur le chemin…

Aujourd’hui je voudrais pouvoir t’avouer enfin que je ne mange plus, que je ne dors plus depuis que tu n’es plus toi…

Te dire que mon coeur joue à la marelle quand il pense à toi, que tous mes sens sont dans la confusion la plus totale…. Le soleil porte désormais un blouson argenté et la lune une robe dorée… La mer sent l’acide, les roses sont inodores… Et en plein milieu de foules bruyantes, je t’entends me susurrer des mots coquins au creux de l’oreille !

J’aimerais pouvoir me détourner enfin de toi, m’enfuir à mon tour et permettre à un autre de panser ces blessures que tu m’infliges…

Dieu seul sait combien de fois j’ai élaboré ce plan… Combien de fois j’ai ramassé ma fierté à la petite cuillère et pris le chemin de l’oubli… Combien de fois je t’ai quitté définitivement sans que tu ne le saches jamais… Que je suis partie et ne me suis jamais retournée… Que j’ai effacé le souvenir de tes lèvres dans mon cou, de tes doigts fiévreux sur ma peau brûlante, de ton bras si fort me serrant les reins, de tes puissants assauts contre mon bas-ventre…

Puis un sourire, un regard, un « Bonjour, honey » dissout  mes plus solides résolutions de récupérer mon coeur… Ce coeur qui ne m’appartient plus, ne m’obéit plus, ne réagit plus qu’à ta voix et à tes silences… Ce coeur qui m’impose de tolérer ton inconstance, te supporter, te pardonner, te faire confiance, et même de m’excuser.

Puis de me taire !

Je l’ai souvent fait… Je me suis souvent tue. Ou dit l’inverse de ce qui trottait dans ma tête et me poignardait le coeur… Pour ne pas te blesser toi, pour ne pas te torturer.

Puis j’ai découvert que certains mots sont plus rebelles que d’autres. Ceux-ci m’ont suppliée de les libérer… Ils m’ont promis de s’envoler dans le ciel, jusque vers les étoiles, celles qui veillent sur moi très loin là-haut.

Je n’ai pas su les réprimer mais je prie tous les saints
pour qu’ils les retiennent et ne les laissent redescendre jamais jusqu’à toi… Un seul de ces mots pourrait t’anéantir…

Tout comme les miens, tes yeux ont assez pleuré, ton coeur assez convulsé…

Tu me veux de toutes tes forces… Mais notre amour t’a bien affaibli… Ton corps me désire de toute son ardeur… Mais ta flamme intérieure la vie a éteint… Ton coeur m’aime à la folie… Mais il est en mille morceaux épars….

Jaimerais être médecin pour te soigner, romancière pour réécrire nos vies, Dieu pour nous recomposer.

Mais je ne suis que moi, un esprit exaspéré, une âme chancelante, un coeur fatigué…

Et tu es toi, ma victime et mon bourreau…

Ce soir, je scruterai le firmament, j’interrogerai chaque étoile, je crierai à la lune…
Peut être qu’eux voient l’avenir, peut être qu’ils savent ce qu’il adviendra de nous…
Peut-être même prieront-ils pour nous. Pour que notre rêve voie le jour…
Qu’un jour tu sois moi et que je sois toi… Amoureux à la folie, fous de bonheur, heureux pour toujours.

En attendant, derrière ton masque de guerrier de la vie,                                                       Ton visage se tord de souffrances et de non-dits.

Moi je hurle en secret, anéantie et fébrile                                                                          Derrière mon éclatant sourire indélébile…

Et plus on s’aime, plus on en pleure…
Plus on se quitte, plus vite on meurt…

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